Toubab de Côte d’Ivoire, Rico Barbès a connu la gloire après les évènements qui ont secoué Abidjan en 2003 avec son titre "Couvre-Feu", un soukouss redoutable. "Coup d’état, couvre-feu, coup de feu dans l’état" chante-til sur ce titre en ouverture de cet opus. "Couvre-feu du soir entraîne le désespoir", poursuit-il. Sur des tempos zouglou ou reggae-dub, en français ou dans un anglais à l’accent si marqué qu’il le rend compréhensible par un élève de sixième, Rico Barbès propose une critique sociale non dénuée d’humour. Tout y passe. Du "Gentil Commercial" tout frais débarqué de France à la solidarité internationale post-coloniale sur "Argent contre Vent", sans oublier "The Lémurian Koala", son premier titre beaucoup plus léger et franchement désopilant, glissé en fin d’album.